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Une analyse correcte et synthétique de la crise, sans parti pris


Les conséquences de la crise financière en France (Octobre 2008)

L'économie mondiale traverse une période de fortes turbulences. Les Français doivent-ils s'inquiéter ?
Le point de vue Jean-Paul Betbèze, Chef économiste et Directeur des Etudes economiques du Crédit Agricole SA.

Les conséquences de la crise financière en France (Octobre 2008)

L'économie mondiale traverse une période de fortes turbulences. Les Français doivent-ils s'inquiéter ? Le point de vue Jean-Paul Betbèze, Chef économiste et Directeur des Études Économiques du Crédit Agricole SA.

Que se passe-t-il exactement ? :

Nous sommes en train de vivre une très grave crise financière, bancaire et maintenant de l'économie réelle (c'est-à-dire de la croissance et de l'emploi). Mais nous sommes également en train de prendre, enfin, les bonnes mesures pour en sortir. Venue des Etats-Unis, cette crise est partie des crédits immobiliers accordés à des populations fragiles (subprimes signifie au-dessous des normes habituelles du risque). Le vrai problème a commencé quand ces crédits ont été restructurés et titrisés(1), devenant ainsi méconnaissables. On ne sait pas quels sont les logements qui ont été financés ni qui les détient, puisqu'ils ont été titrisés, c'est-à-dire vendus à des investisseurs? après avoir été transformés en titres. A un moment donné, aux Etats-Unis, il y a eu plus de 1 000 milliards de ces actifs immobiliers financés à court terme, jusqu'au moment où l'on s'est rendu compte que les valeurs de ces actifs avaient été surévaluées. Tout comme l'ont été les capacités des emprunteurs à rembourser les crédits. Les 2 sont liés. C'est à ce moment là que la crise s'est nouée : ceux qui ont acheté ces produits financiers complexes ont voulu les vendre et se sont rendus compte qu'ils ne sont pas liquides? en raison de leur complexité ! Peu à peu, ceci a conduit les banques à reprendre ces actifs dans leurs bilans, puis à aller se refinancer à la banque centrale. Ce qui a accru la défiance de tous et fait naître la crise.

En quoi ceci affecte-t-il la France et l'Europe ? :

Ceci nous affecte indirectement. Cette crise a affaibli la croissance d'ensemble de nos économies, mais aussi certaines banques qui avaient acheté du « papier » (représentatif des crédits accordés) américain ou fabriqué des produits structurés. En Allemagne, cette crise a conduit à des recapitalisations bancaires et à des restructurations dans les banques régionales. Au Pays-Bas et en Belgique, à la nationalisation de Fortis. En Belgique et en France, à la restructuration de Dexia. Dans le même temps, la défiance se propage : les marchés financiers et les clients surveillent d'un ˝il inquiet toutes les banques, même les plus grandes. Il y a moins de croissance, l'argent est plus cher, les prix des actifs baissent. Et ce, au moment même où les règles comptables, dites du mark to market(2), renforcent les difficultés. Nous allons donc de mal en pis. Les banques cherchent à être transparentes sur leurs comptes et à montrer la récurrence de leurs résultats. Mais cela reste compliqué, puisque la crise a continué aux Etats-Unis, jusqu'à l'intervention des puissances publiques. Ce qui vient d'être fait.

En quoi consiste donc le plan français ? :

Le plan français a la même logique que les autres plans qui se développent dans le monde. Et c'est la bonne ! D'un côté, il faut renforcer la liquidité à moyen terme des banques, en escomptant du « papier » que l'on finance par des emprunts à moyen terme avec la garantie de l'Etat. Cela complète le refinancement par la Banque Centrale Européenne qui a déjà beaucoup augmenté. D'un autre côté, il s'agit de proposer aux banques qui le souhaitent des soutiens en capital pour continuer à accorder leurs crédits. J'ajoute qu'en même temps, la règle du mark to market a été pour l'essentiel neutralisée. Le plan français est, pour ainsi dire, une sorte de triple thérapie.

Faut-il être inquiet ? :

Il faut être réaliste. Nous entrons dans une période de croissance très modeste qui va durer 1 ou 2 ans. Il va falloir corriger les excès, qui nous viennent pour l'essentiel des Etats-Unis. Les banquiers vont faire à nouveau leur travail comme avant, maintenant que les conditions du plan français les y aident. Peu à peu, le crédit va reprendre, la confiance renaître, la croissance repartir. Mais ce ne sera pas pour tout de suite.

L'anti-crise pour l'informatique :

"En période de crise financière et économique comme le vit le monde économique ces mois-ci, les gouvernements et les entreprises pourraient trouver un intérêt dans les logiciels libres et du type «Open Source» non seulement en raison des coûts d'acquisition et de soutien technique, mais aussi à cause du message qui serait lancé aux grandes entreprises qui les forcent périodiquement à effectuer des mises à niveau des systèmes d'exploitation et des suites bureautiques."
L'article complet de l'anti-crise pour l'informatique de www.cyberpresse.ca.
En plus de sa forte économie budgétaire, le Logiciel Libre est devenu performant grâce à l'efficacité de sa politique OpenSource.

Précisions techniques bancaires et boursières :
1] La titrisation est une technique financière qui consiste à transformer des crédits en titres négociables.

Pour en savoir plus :
Georges Pauget et Jean-Paul Betbèze, Les 100 mots de la Banque, Paris, PUF (Presses Universitaires de France), juin 2008 (2ème édition), Coll. «Que sais-je».

2] Le mark to market est une norme comptable qui consiste à valoriser les actifs au prix du marché.

Commentaire de StarinuX :
La responsabilité des banques et de la bourse sur la crise ne serait-elle pas l'image de notre Société et de nos entreprises ?

Au delà des commentaires techniques, la crise ne serait-elle pas finalement le reflet plus ou moins direct de nos égoïsmes, nos peurs, notre manque de dialogues avec le prochain, de la soif immodérée du business et du dieu argent et des emplois qui partent vers la Chine ?

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